I put a spell on your name ou rendez-moi mon domiane

De nombreux pays sont en train de s'émouvoir du phénomène des cybersquatters. Vous savez ces gens qui achètent des noms de domaines au kilo pour les refourguer contre monnaie sonnante à ceux qui pourraient en avoir légitimement l'usage et le besoin. 
Pour les domaines en fr c'est pas top facile puisque notre beau pays ayant une longue tradition bureaucratique, l'autorité d'attribution demande le carnet de santé, le K Bis, un extrait de casier judiciaire, un permis de chasse et une étoile de mer pour pouvoir obtenir le moindre groballot.fr. 

Ceci dit, les entreprises in the mood se contrebalancent des .fr qui font franchement mickey @ l'international. En dehors du dot com point de salut.

Aux US, pays de la libre entreprise, en deux clics, c'est fait vous pouvez vous réserver le domaine de votre choix (pourvu qu'il soit libre) en net, org ou com quitte à raquer 70 $ pour 2 ans à Network Solutions et bientôt à d'autres. 
Et donc des petits malins parient sur les fautes de frappes des millions d'internautes et squattent les noms de domaine proches des leaders du web pour les bourrer ensuite de bannières de pub et se faire des genoux en or. Essayez de trouver quelque chose de libre qui ressemble même vaguement à Yahoo ou Altavista, vous ne serez pas déçu. Yahoo avait d'ailleurs prévu le coup et réservé tout ce qui se rapproche d'un peu trop près de son nom ! Futés les lascars.

Les autorités boursières américaines s'étaient d'ailleurs inquiétés d'un phénomène équivalent sur le NASDAQ : des sociétés dont le symbole boursier était proche de celui des sociétés en plein boum voyaient leur cours monter simplement parce que des milliers de boursicoteurs en ligne se plantaient dans le sigle et achetaient leurs actions ! (*)

En France, pour les noms de domaines, comme d'hab, on n'en est pas encore là mais on s'en approche. Curieusement, un certain nombre des champions du web français laisse le champ libre autour de leur nom. Là encore, les entreprise françaises ayant une tendance culturelle à contrôler les coûts, elles doivent penser que 200 balles par an c'est beaucoup trop. 
D'ailleurs Prenez les sites à plus de 3 millions de hits par mois et testez les réservation en .com avec des fautes courantes. 
Réfléchissez aux fautes de frappe que vous faites le plus souvent (une fois sur 2, 5 ou 10) et tester un de ces noms avec les inversions et substitution de lettres.
Statistiquement si on table sur 1 fuate sur mille adresses saisies, ça pourrait assurer une fréquentation correcte sans sortir de la chaise longue.
Mais bon, aux dernières nouvelles quand une boîte française veut récupérer son nom (comme les galeries farfouyettes si je me souviens bien) un bon coup de procès et boum le cybersquatter se retrouve en www.slip.com. 
Ca va devenir rigolo lorsqu'ils vont vouloir récupérer leur nom avec des fautes devant les tribunaux. On attend impatiemment la jurisprudence !
Tout ça va peut être refroidir les ardeurs squatteuses. Et c'est tant mieux. Ce faire du pognon en comptant sur les erreurs des autres c'est pas beau du tout du tout.

ZipiZ


(*)A ce propos, vous avez vu les résultats de Red Hat ! Eh bé, on savait déjà que sur un marché fortement spéculatif comme le NASDAQ, la capitalisation boursière n'avait qu'un très lointain rapport avec les résultats des entreprises mais alors là c'est surréaliste ! Red Hat qui maintenant en tant que société cotée doit publier ses résultats trimestriellement fait apparaître des pertes conséquentes par rapport à son chiffre d'affaire. On se demande si tout ça va durer ou si la "bulle spéculative" comme on dit dans les dîners en ville va éclater et flinguer l'économie du logiciel libre par la même occase. Faîtes vos jeux !