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Une
aventure dont vous êtes le héros
Un étrange frisson lui parcouru la colonne vertébrale. Il observa le premier fichier avant de l'ouvrir délicatement pour en découvrir le contenu.
La passion l'animait, le goût du risque l'excitait, la soif de la connaissance
le poussait toujours plus loin. Il avait pénétré dans le système à la
recherche de ces données tel un chevalier moderne en quête d'un graal numérique.
Et là soudain devant ses yeux bleu-verts dont la lumière douce du moniteur n'arrivait pas à masquer la
dureté, les informations qu'il désirait ; comme si elles n'attendaient que cet instant pour s'offrir à lui.
"Bingo", murmura-t-il.
Il n'avait eu aucun mal à entrer dans le système. Trop facile. L'administrateur avait pourtant tout prévu. Tout sauf un détail : Jean-Kevin Leboulet allait s'intéresser
à ses données. En pensant à tout le mal que cet ingénieur stupide avait du se donner pour "protéger" sa machine un léger sourire éclaira l'espace d'un instant son visage viril aux traits réguliers. Ses doigts délicats, aussi experts à caresser un corps de femme qu'un clavier d'ordinateur, parcourait les touches à une vitesse inouïe. Peu d'hommes au monde pouvait réaliser ce que Lordz of darkness, le prince des hackers, était en train de créer. Création, le mot n'était pas trop fort.
JK était passé maître dans cet art subtil de pénétrer les systèmes. Aucun ne lui avait opposé plus de quelques minutes de résistance. "Peu de femmes et aucun système ne m'ont résisté" avait-il coutume de dire sans orgueil.
D'un mouvement imperceptible des doigts, il transféra les précieuses données du système vers sa machine. Puis, pirouette ultime de l'artiste à la fin du spectacle, il écrivit en lettre rouge sur fond noir "hacked by Lordz of darkness" sur la première page du site qu'il venait de piller. Signature de l'artiste au bas de son oeuvre. Il se renversa en arrière dans son fauteuil, ferma les yeux, alluma tranquillement une cigarette dont il aspira profondément la première bouffée.
Quelques secondes plus tard, il ouvrit calmement son logiciel de messagerie pour annoncer à son ami Taz en quelques lignes à l'ironie subtile que le site de la NSA était tombé. Bientôt le monde découvrirait qu'à l'autre bout de la toile, Lordz of darkness avait encore frappé. Pour la liberté de l'information. Pour la liberté tout simplement.
Le lendemain matin, Marie-Simone Leboulet dut changer les draps de son fils Jean-Kevin.
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