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Et
oui Madame Leboulet ! Un Hacker. Bien sûr me direz-vous, comment auriez-vous pu imaginer un seul instant que ce demeuré que vous nourrîtes au sein jusqu'à 13
ans 1/2 puisse un jour faire l'objet d'un culte d'incultes. Le pirate est, disons le franchement, un jeune con. Et comme le disait si justement Audiard : "Un con ça ose tout. C'est même à ça qu'on le reconnaît". Le pirate est à la base un inadapté polymorphe désirant s'intégrer dans un groupe où le rituel fait office de réflexion et la clandestinité de prétexte à la dissimulation d'une acné persistante. Lançons nous et tentons une classification du Hacker. Il y a trois sortes de hacker : 1. Le hacker mononeuronal : c’est le pirate de base, votre Jean-Kevin, Madame Leboulet. Il n’a pas été doté par la nature du matériel neuro-cérébral suffisant pour réfléchir à ce qu’il fait. Il a une très vague conscience du bien et du mal bâtie sur une logique binaire assez simple : s’il prend une baffe c’est mal sinon y’a un doute. Pour lever ses doutes, il est conseillé de le baffer le plus souvent possible. (98 %) 2. Le hacker bineuronal : c’est un pirate se posant des questions existentielles. Il sent instinctivement que ce qu’il fait n’a strictement aucun intérêt, il a vainement tenté d’essayer de s’approcher d’un élément raisonné pouvant expliquer l‘aberration de son comportement déviant avant d’y renoncer pour cause d’insuffisance intellectuelle. Le hacker bineuronal souffre de ne pas pouvoir se comprendre et comme tout être animal, végétal ou minéral en état de souffrance, le hacker bineuronal devient méchant. Méfions-nous du hacker bineuronal ! Le hacker bineuronal est parfois capable de griffonner des articles traduisant ce douloureux problème existentiel : pourquoi suis-je aussi con ? Ces articles sont ensuite postés sur des Webs de rebelz, où tout un chacun peut à loisir se poser une question voisine : comment peut-on être aussi con ? (voir la liste des sites de rebelz) (2%) 3. Le hacker trineuronal : ça c’est plus simple, ça n’existe pas. (0%) Ces quelques repères posés, approchons-nous davantage et observons le comportement du hacker. Le pirate est un petit être fragile rempli de contradictions. Analysons ici même l'une d'elle : le pirate s'attaque aux ordinateurs au nom d'un nihilisme de bon aloi correspondant au niveau de réflexion susceptible d'être atteint par un développement contrarié de ses cellules. Cependant la littérature (en l'occurrence ce mot est un peu exagéré) des rebelz fourmille d'autojustifications de leurs méfaits consistant en gros à affirmer que si les machines étaient mieux protégées le monde serait plus agréable à vivre. Mesurez l'ineptie du propos. Le pirate, ce rebelz des temps nouveaux n'a d'autre souhait qu'un monde hyper sécurisé où toutes les portes seraient gardées par des administrateurs système sévèrement burnés. Le hacker bineuronal vaguement conscient de la contradiction flagrante entre une rebelle attitude et l’exigence d’une société plus policée retourne le concept encore plus facilement que Nicolas Sarkozy retourne sa veste. « Pas du tout, vous n’y êtes plus, si le hacker pirate c’est pour exiger un accès libre à l’information où qu’elle soit, quelqu’elle fusse » (c’est une traduction bien sûr ; pour le hacker le subjonctif est une maladie des yeux). Vous avez remarqué vous aussi que c’est exactement l’inverse de l’argumentation précédente. C’est normal, plus c’est gros, plus ça marche (Carlos). Donc « libérons l’information ». Mot d’ordre d’une imbécilité crasse, vous en conviendrez mais comme on dit, on ne prête qu’aux riches. C’est sûr que comme les hackers n’ont strictement aucune information intéressante à partager avec qui que ce soit, ils ont tout à gagner dans ce partage. Néanmoins, le piratage de la NASA n’ayant d’autres intérêts que de dénicher les horaires de la navette spatiale et le pirate ayant peu de chance de se retrouver un jour en position de postuler à un emploi d’hôtesse de l’espace, on se demande à quoi pourrait bien lui servir cette information. Mais bon : Free ze information... Bon tout ça pour vous dire que ce que revendique votre Jean-Kevin ou rien, c’est kif kif bourricot. Le pirate n’a aucune motivation précise à avancer pour justifier son passe-temps de neuneu. Il est donc inutile de perdre son temps à essayer de comprendre pourquoi, intéressons-nous plutôt au comment.
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