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ILOVEYOU. Moi non plus.
En parcourant mon ZipiZ, je suis
tombé par lien interposé, sur un éditorial de Roberto Di Cosmo, encore
tout trémulant d'une vertueuse indignation consécutive à la vague d'amour
électro-épistolaire, qui ces jours derniers, a un peu secoué la planète
informatique en même temps que les heureux possesseurs de PC Microsoft
Inside©. En attendant des lendemains heureux, où des aurores aux iridescences boréales illumineront une planète sur laquelle se sera étendue la banquise virtuelle, qui permettra enfin au gentil pingouin de folâtrer sans entraves, il s'indigne de la persistance suspecte des mauvais produits de l'ignoble Bill. Je l'aime bien Roberto Di Cosmo, il déteste le Chapelier Fou à peu près autant que moi, ça crée des liens. Je l'aime bien, mais je suis un peu jaloux, parce que sa haine il peut la dire à la radio, dans les journaux et à la télé, devant un présentateur qui plisse les yeux de façon entendue et qui hoche la tête d'un air grave, pour faire croire qu'il a tout compris, alors qu'il ne fait que chercher de quelle manière, il va bien pouvoir exercer son droit de cuissage sur la petite stagiaire, aux dents aussi longues que les jambes, arrivée le matin même. Je l'aime bien Roberto, mais je
me demande si cette fois il n'aurait pas fumé un peu trop de câble de
souris avant de l'écrire son papier. C'est la seule explication plausible,
parce que s'il n'était pas sous l'emprise des substances psychotropes
libérées par la lente combustion de la ficelle de mulot, il nous faudrait
admettre que les questions qu'il pose sont stupides, et ça ce n'est
certainement pas possible. Le clic de la mort qui
tue. On ne sait pas ce que veut dire
normal dans un contexte informatique, mais c'est en tout cas très pratique
de cliquer sur un fichier qui s'exécutera ou déclenchera le programme
nécessaire à sa manipulation. Qu'on le fasse à partir de sa messagerie,
plutôt qu'après l'avoir stocké sur son disque, ne paraît ni relever de
l'anathème, ni constituer une preuve irréfutable de la médiocrité
intrinsèque des windozeries diverses. Des preuves de cela il en existe des
myriades, bien plus convaincantes. Qu'il vous ravage l'ordinateur, bien sûr que non. Pour le reste, personne ne s'est jamais amusé à compter les octets d'un exécutable que l'on pense connaître, pas plus qu'à le décompiler avec une calculette de poche pour savoir, si traîtreusement dissimulé sous un nom aussi anodin que son apparence, il vous veut vraiment du bien. Certes l'étendue des dégâts qu'il peut causer est directement proportionnelle à la " personnalité " de celui qui exécute et certes encore, tout le monde dispose et pour cause des privilèges du compte " root " sous windows, mais pas plus que ceux qui se connectent exclusivement sous cette identité, sur des systèmes dits alternatifs parce que ça fait burné. La course aux
antibiotiques. Idéalement les anti-virus sont
là pour prévenir les dégâts, pas pour les réparer. Quant aux techniques de
prévention, ont peut imaginer qu'elles puissent être efficaces, quant à
être simples à mettre en œuvre, sans aller radicalement à l'encontre de la
flexibilité et de la facilité d'utilisation qui font tout l'intérêt de
l'informatique dite personnelle, il va falloir expliquer lentement, avec
des mots de tous les jours comment cela pourrait être possible. A la recherche de la
coquecigrue ; le hacker modeste. Sans aller jusqu'à dire qu'il
fait preuve de la plus épaisse mauvaise foi en posant cette question ce
cher Bob, il y aurait tout de même comme un air de famille, que ça ne
surprendrait personne.
La collusion des intérêts,
ou comment on magouille dans notre dos. Il se trouve que par un hasard
bien malheureux, existent de par le vaste monde des gens qui n'évoluent
pas dans un labo, une université, voire l'un ou l'autre centre de
recherches. Pour tous ces gens qui n'ont pas pour vocation de défricher le
futur, qui dépendent de clients ou de fournisseurs qui les font vivre,
existe un standard de facto qui leur permet d'échanger et de communiquer.
Certes c'est un mauvais, un très mauvais standard, dont beaucoup à
commencer par les douteux responsables informatiques précédemment cités,
qui n'ont même pas pour consolation de se gaver de gros pots-de-vin, aussi
victimes que les autres d'un environnement dont ils ne maîtrisent rien, se
débarrasseraient avec une joie sans mélange, mais c'est un standard qui
vaut bien mieux que pas de standard du tout. LA réponse ? Une seule ? A
toutes ces questions ? C'était bien la peine que je me crève à chercher.
Allez donc rendre service ! Toute ironie facile mise de côté, personne ne doute de l'honnêteté intellectuelle et encore moins de la sincérité de Roberto Di Cosmo, et il n'existe aucune preuve flagrante qu'il soit demeuré, mais il est amusant de constater comment les zélotes, de quelque tendance que ce soit, simplifient à l'extrême la réalité pour la faire coller avec la vision radieuse, forcément radieuse, qu'ils ont de l'avenir. Laisser croire qu'il existe à toutes les questions qu'il pose, une unique réponse qui s'énonce en cinq lettres relève au mieux de la naïveté. Peut-être qu'à force de
dissimuler sous de multiples fenêtres, jusqu'à le faire oublier, le
système originel, Linux arrivera-t-il à triompher de l'Empire du Mal de la
côte ouest. On peut détester la tête à claques de Billou, sa tronche de colin surgelé, c'est du folklore qui fait rire, mais se polariser là dessus est infantile, derrière lui existent des dizaines de Bill qui voudraient être Bill à la place de Gates et qui vendront de la même façon, du logiciel transgénique et du système frelaté, comme d'autres vendent de la viande malade, du chocolat à la dioxine ou de la farine d'équarrissage, en conséquence directe d'un système économique dont le seul moteur et le seul but, est la recherche du profit maximum en un temps minimum. Si l'on veut vraiment s'engager
dans une guerre, c'est contre le système libéral qu'il faut livrer
bataille et non pas s'épuiser en querelles picrocholines, en escarmouches
de technotrons, à base de " mon système il est plus beau que le tien ",
autour d'un truc dont la vocation profonde est de transformer un
presse-papier à écran en un objet à peu près utilisable.
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