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| Fidèles aux principes de "temporarité" chères à Hakim, les liens de cette page ont une furieuse tendance à disparaître. Merci à Jurgen pour m'avoir envoyé une mise à jour. | ||
| Alors,
prête à prendre un petit cours sur l'univers de la piraterie infantile,
Marie-Simone ? C'est parti ...
La TAZ est LA référence mythique de tout hacker en mal de référence, et ils le sont tous. Hakim Bey l'illustrissime auteur de "T.A.Z. The Temporary Autonomous Zone. Ontological Anarchy, Poetic Terrorism" (oui vous avez bien lu) s'en est même ému. Le pauvre gars en a eu marre que tous les trous de balle incultes de la planète se réclament de sa pensée et s'en est plaint. Je vous cite sa mise au point : "Écrire sans que personne ne te lise véritablement est déprimant. Se heurter à un mur de méfiance est tragique. Mais avoir des lecteurs trop facilement influençables est la pire chose qui soit. Ces lecteurs s'imaginent qu'il suffit de lire et de répéter comme des perroquets les formules les plus étranges; leur véritable désir est en fait d'OBÉIR A QUELQU'UN, de lire avec les yeux d'un autre, de se soumettre à l'autorité du "maître". Fascisme de perroquet". Il connaît bien son public l'asticot. Ceci dit, à écrire pour les cons, faut pas venir se plaindre de passer pour l'un des leurs. Vous remarquerez qu'un célèbre site français de hackers à roulettes s'est inspiré du titre du bouquin pour baptiser son site sans réussir à l'écrire correctement. Ils n'ont même pas réussi à lire le titre comme le disait Coluche !!! C'est vous dire le niveau de compréhension de son lectorat à l'Hakim. Bref, halte là pour la partie digressive. Revenons à nos poétiques moutons anarchistes. La TAZ est un opuscule publié sur le net ici et là et même sur du papier payant (L'éclat 1997). Pour la version électronique en anglais allez draguer sur ce site et vous aurez la totale de notre pote Hakim qui soit dit en passant à la furieuse habitude d'arroser la planète avec ses dissertes de philo. Disons le d'ailleurs tout net (ah ah ah) cet ouvrage ferait passer l'œuvre d'un élève de seconde littéraire ayant sniffé de la colle à moquette avant de fumer ce qu'il en restait (de la moquette) pour une référence de la philosophie contemporaine. On trouve bien sûr des sites masturbatoires sur les écrits de HB (Hakim Bey comme Human Bomb) autour de la TAZ (un exemple) Mais venons-en au fait : La pensée d’Hakim est encore agitée des juvéniles soubresauts contestataires qui troublèrent jusqu’à la fin des années 70 l’étudiant petit bourgeois à la recherche du frisson communautaire Nos parents, eux, ont vite préféré revenir changer le monde à la terrasse des cafés parisiens plutôt que d’achever la conversion des chèvres du Larzac à la pensée de Mao. Ils ont d’ailleurs terminé aujourd’hui leur recyclage en ex-golden boys and girls et ils campent désormais sur le parvis de la Défense. Gardarem Lou CNIT. Notre ami Hakim, rendons lui cette justice, continue à cultiver un libertarisme à l’américaine un peu désuet et donc touchant. Il a décidé une bonne fois pour toute que le net allait permettre de (re)créer des « zones d’autonomie temporaire », sorte de communautés virtuelles spontanées et mouvantes à l’image des sociétés de pirates du XVIIème siècle. Le raccourci historico-conceptuel n’est pas évident à saisir mais la licence poétique affichée dès le titre de l’opuscule permet bien des fantaisies à l’auteur. Excuse moi Hakim mais j’ai quand même du mal à comprendre en quoi un quarteron de retardés boutonneux postant des pages constellées de têtes de mort en flamme sur multimania peut être porteur d’un idéal communautaire. Mais bon, Hakim a la gentillesse de donner un tas de références rigolottes (Deleuze et Guattari, très « tendances » aux US à l’époque(91)) ou déplacées (Nietzsche à poil sur internet) ce qui rend son oeuvre moins rasoir que la littérature flottant habituellement dans les mêmes eaux usagées. Mais pas de confusion possible, c’est de la bonne grosse littérature anarcho-libérale anglo-saxonne à la papa avec une mince couche de cyber hyperie à destination des djeuns en phase de transgression pubertaire. Le petit père Hakim a décidé de surfer sur la vague avec des planches récupérées sur les barricades des campus sixties. Il n’est donc pas étonnant qu’il manque de stabilité et se vautre de temps en temps dans d’inévitables malentendus. Il s’inscrit en cela dans l’erreur récurrente d’un internet fantasmé. Toutes les utopies n’ayant pu trouver à s’expérimenter ou ayant échoué dans le monde réel cherchent à couvrir le net de qualités topologiques ou sociales (le village planétaire) qu’il n’a pas et essaient de le remplir d’une population virtuelle qui n’existe pas. Un cyber trou du cul est encore et d’abord un vrai trou du cul. C’est vrai qu’il est plus simple de taguer 3 pages en HTML que de réinvestir l’île de la tortue pour y festoyer et plus si affinités. Mais bon c’est quand même pas le même trip, mon cher Hakim. Mais peu importe : les hackers ont trouvé un « penseur » et parés de cette idéologie pauvrette, leur connerie en bandoulière, ils se sentent prêts à investir de nouveaux territoires pour y planter leur pauvre fanion à tête de mort. Au grand dam d’Hakim Bey qui ne demandait pas tant de zéloterie de la part des idiots du village planétaire. Bien le bonjour aux « perroquets ».
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