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La page
culturelle ! les livres sur la hack attitude lus pour vous... Ne me
remerciez pas.
Pirates
de l’informatique, enquête sur les hackers français
Terreurs
virtuelles
Les
sorciers du Net
Les gentils sorciers du net
Chers amis et camarades neuneus, au moindre post de travers sur la toile cirée mondiale nous réveillons les talibans du net qui en appellent à la netiquette et à la pureté désintéressée des origines du monde virtuel pour nous humilier.
A ces derniers je ne saurais trop conseiller la lecture d'un bouquin : "les sorciers du net" chez Calmann-Lévy..
Il faut bien reconnaître que c'est écrit comme une thèse de troisième cycle de l'université du troisième âge (la traduction ne doit rien arranger) mais cet ouvrage a le mérite de replacer dans leur contexte les faits trop largement mythifiés de la naissance du net.
Cette mythologie est d'ailleurs allègrement relayée dans le moindre exposé concernant le net et la confusion ainsi soigneusement entretenue.
En effet, je ne sais pas si vous avez remarqué mais, on a rarement un exposé simple du commencement de la chose : en général l'orateur explique rapidement que les militaires voulaient un réseau résistant aux attaques
thermonucléaires de l'ennemi carmin et que les universitaires se sont ensuite emparés du truc pour en faire en bout de chaîne ce merveilleux outil de communications qui vous permet de voir des gros nichons en activité sans subventionner Canal "cul et ballon" Plus.
(Pour l'anecdote quand Microsoft à sorti l'intellimouse en disant qu'elle était "spécialement adaptée à l'internet", j'ai cru qu'il l'avait étudiée pour
l'utiliser avec la main gauche pour la raison que je viens d'évoquer. Raté, c'était juste à cause de l'amie
molette de défilement).
En fait ce livre explique bien comment les militaires américains finançaient des projets de recherche en filant de la thune aux universitaires. Parce qu'à l'image de la géographie comme disait le petit père Lacoste, l'informatique "ça sert d'abord à faire la guerre". Et la recherche a besoin de pognon et aux US comme ailleurs le pognon, c'est les militaires qui en ont (ça rime on dirait un couplet de l'internationale).
Chacun peut constater à la lecture, avec plus ou moins de stupeur suivant son degré de naïveté originelle, que dès le début de l'internet les intérêts militaires, universitaires et bien sûr commerciaux étaient étroitement mêlés; les protagonistes passant allègrement d'une structure à l'autre au gré de leurs intérêts aussi légitimes qu'individuels.
Les types qui ont travaillé sur l'ensemble des projets qui ont créé le net en avaient visiblement dans le chou mais ils avaient un loyer, le leasing de la chevrolet et des pensions alimentaires à payer.
Nous sommes quand même très loin des rêves libertaires d'un doux rêveur à la Stallman. Pureté des origines, my ass ! Si vous pensiez que l'internet avait été construit par des étudiants lumineux prenant sur leur temps de sommeil pour paver bénévolement les autoroutes de l'information, lisez le bouquin. Vos illusions en prendront un sale coup dans l'aile.
C'est pas exactement ça, la réalité des "sorciers du net".
ZipiZ
Terreurs
virtuelles
La critique
littéraire à ZipiZ, ce soir : "Terreurs Virtuelles" par Jean-Paul Ney
Alors là, c'est le livre le plus strange de l'année et cette étrangeté, je vous l'avoue, nous interpelle.
2 hypothèses s'affrontent quant à son niveau de lecture :
1) du second degré pince-sans-rire de bout en bout : alors chapeau l'artiste, Jean-Paul
c'est le Buster Keaton de la littérature Intermarché.
2) du premier degré à raz-la-moquette-pure-laine et c'est incontestablement le bouquin de référence de la cyberânerie planétaire.
"Terreurs virtuelles". Rien que le titre... En rouge sur fond noir, une couverture
commak, ça fait chanceler la ménagère de moins de 50 ans en vadrouille au rayon promotion-littéraire de l'Auchan de la Porte de Bagnolet. Elle risque de nous délaisser le Goncourt prématuré de l'année pour s'humecter le
protège-slip de promesses de frissons cybernétiques.
Rien qu'à mater la quatrième de couverture, on voit bien que l'auteur est burné comme c'est pas permis : la bio au Jeannot ferait passer la page des faux CV de ZipiZ pour le plafond de la chapelle notre-dame-de-la-modestie. Faut avoir un culot gros comme mon bras et la profonde conviction qu'il y'a encore du gras sur le jambon.
Jugez plutôt sur pièce : gueule de baroudeur fatigué, barbe de 3 jours soigneusement entretenue
("Claude, mon chou, tu me la finis au ciseau à brodeuse, j'suis pas un taliban pouilleux"), champion de boxe, correspondant de
guerre sur le front de la Cybertitude, entraîné à l'antiterrorisme
en Israel... N'en jetez plus, la croupe est pleine. Si Pierce "vieux beau" Brosnan se nique le col du fémur en sautant à l'élastique depuis Sophie Marceau, pas la peine de refaire un casting : y'a Jeannot et son curriculum de katangais pour assurer la relève de la garde.
Jugez seulement du parcours informatique : a 8 ans il démonte un ordinateur et surf avec les débris sur "ce qui allait devenir l'internet" ! Alors que vous bande de lamers à bretelles, à cet âge là, c'est la visite de la culotte de votre petite cousine Béa et pas celle de cyberland qui vous travaillait l'éponge cervicale. Prenez-en de la graine. En plus, comme il doit avoir la trentaine bien tapée, si on compte bien, il a du commencer à surfer y'a plus de 20 ans... Un gosse de huit ans faisait de l'internet y'a 20 ans et vous la ramenez dans fmbd ? Vous avez pas l'air fin les dinos. A la niche ! Rien qu'en lisant ça j'ai quand même eu un horrible soupçon. Ca serait pas "top à la déconne" qui nous fait le pastiche du siècle ? Comme disait ma Grand'Mère à propos de mon Grand'Père : "un si petit chêne et d'aussi gros glands, j'aurai toujours un doute".
Le grumeau principal de l'ouvrage, c'est la vieille antienne de l'intox au "Pearl Harbor électronique", la grosse ficelle des militaires américains pour soutirer des pépettes aux sénateurs comme dans les films de série Z. Grosso modo, une petite parano soigneusement entrenue auprès des habituels journalistes-relais en mal de copie sur la menace grandissante des cyberterroristes fous d'Allah qui font rien qu'embêter les systèmes informatiques à nous.
Dans le monde entier ces relents d'intox guerre froide (c'est meilleur réchauffé) font sourire depuis le début, mais JeanJean, pas con, met du poil autour et en fait un best-selleur pour les fêtes de fin d'année.
On trouve bien sûr au fil des pages les deux acrobates les plus médiatisés des dernières semaines : Analyser
("je ne suis pas un héro faut pas croire ce que raconte les
journaux" mais pour l'interview exclusive prenez rendez vous avec mon attachée de presse), et bien sûr le beau Serge, l'attraction number one du moment, dresseur de puces et tireur de cartes.
Que du classique, c'est le couplé placé-gagnant du moment.
Pour appuyer la démonstration, dans le rôle de la caution journalo-scientifique de l'opuscule, il cite et interviouwe, accrochez-vous (non mieux que ça) dans le désordre :
Michel "mon-week-end-avec-Ariane-à-Kourou-les-bains-en-73" Chevalet,
Jean-Pierre "le-treize-heures-authentique-qui-sent-la-bouse"
Pernaut
et enfin Taz, le dazibao de l'underground souterrain de la France hexagonale.
Si, si, je vous jure. Je fais 5 minutes de pause ; revenez lire quand votre fou-rire sera calmé.
Et ne loupez surtout pas les 2 photos à la fin du bouquin.
On dirait le puzzle destroy d'un gosse dyslexique. Si c'est pas un photomontage raté, faut qu'il songe sérieusement à ramener son Pentax à la révision des 10000, Mac Gyver...
Bref, ce bouquin, c'est à se la prendre et se la mordre pour éviter de faire pipi dans son Calvin Klein. Y a pas à tortiller, nous sommes là en présence d'un livre CULTE.
"Terreurs virtuelles" sera indéniablement LA référence du style "cybercon" pour les mois à venir.
On pourra faire mieux mais, vraiment, ça va pas être facile, facile.
ZipiZ
Pirates
de l’informatique, enquête sur les hackers français
De
Philippe Blanchard chez Addison-Wesley.
Cet
ouvrage se risque au périlleux exercice qui consiste à tenter de
retracer 10 ans de piratage informatique en France entre 85 et 95. Le
style est un peu vieillot et assez éloigné de la tendance
cyber-espionnage-sf à la Matrix en vogue aujourd’hui pour raconter les
exploits des zackers. Quand il s’y risque « salut Héraclès,
c’est Zeus. Qui ça ? Zeus, je te dis. Connais pas.», ça sombre
vite dans le ridicule achevé. Bref, le langage djeun c’est pas son
style à Monsieur Blanchard.
Le
contenu n’est pas non plus à la hauteur du sujet. Mais ça, le pauvre
auteur n’y peut pas grand’chose. Toutes ces histoires sont tellement dérisoires
et pitoyables qu’il est quasiment impossible d’en dégager un
quelconque intérêt. Surtout en interviewant les vieux pirates de 32 ans
sur le déclin (« allez viens sur mes genoux mon petit, je vais te
raconter l’histoire de piratage des Vax.. Tu veux un bonbon ?
Prends-le dans ma poche. »). Pourquoi ? Parce que les pirates
d’hier comme ceux d’aujourd’hui ont un ego surdimensionné et il est
impossible d’obtenir une vision objective des faits en interviewant les
protagonistes de ces tristes affaires. En plus, ces évènements datent un
peu (euh beaucoup), et l’ouvrage traite majoritairement de l’époque
des voyages inter-continentaux sur X25 aux frais des malheureux propriétaires
de NUI, des nids à Pirates sur les serveurs teletel (si, si,
souvenez-vous, le minitel) et des copy-parties Amiga (si, si,
souvenez-vous, l’Amiga) ! ! ! ! Épisodes peu glorieux que certains préfèrent oublier par pudeur et dont les autres préfèrent
ne pas se souvenir par honte.
A
mon avis, il a eu droit aux confidences de ces retraités grabataires du
transpac-underground en leur promettant de changer leur bassin.
On
pourrait en plus deviner l’identité des « informateurs »
dans la plupart des affaires tellement la source de cette vision
subjective de chaque sujet est évidente. Il est assez facile de mesurer
la connaissance et la distance du protagoniste interviewé avec le sujet
traité pour en deviner le nom et/ou la fonction à l’époque. Les
patronymes sont changés (et même, luxe inutile,
le nom de l’école anagramme presque parfait de pirate) précautions
superflues tellement ces affaires sont connues. Ce qui l’est moins ce
sont les détails de ces affaires, leurs ramifications, les manipulations
diverses et les intoxications auxquelles elles ont donné lieu. Le pauvre
journaliste (instinct professionnel ?) sent bien qu’il y a là des
demi-vérités et que les pirates qui lui déballent leur faits d’arme
ont été dépassés par les évènements (et probablement par d’autres
choses encore) mais faute d’informations suffisantes il ne peut que
supputer. Et donc il suppute Monsieur Blanchard.
A
titre d’exemple, le récit du piratage du frontal Multics du Cray du
CCVR par les branleurs de Jussieu en 86 est très probablement issu
d’une conversation de deuxième main (l’homme qui a vu l’homme qui a
vu le pirate et qui n’a pas eu peur) tellement les détails sont
approximatifs voire inexacts. Le DPS8/Multics devient par exemple un
mini-ordinateur IBM, ce qui a du faire certainement plaisir à BULL. Le
reste du récit est à l’avenant et le journaliste n’a visiblement pas
réussi à savoir comment cette sombre farce s’était terminée !
Mais
son vrai drame à ce pauvre Monsieur Blanchard c’est d’avoir commencé
et fini son enquête un poil trop tôt. Il a complètement manqué la déferlante
internet et il rame dans les derniers chapitres pour rattraper le coup.
Pas
de bol. Ca sera pour le deuxième tome (1995-2005) à sortir en 2010.
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